Le nihilisme (du latin nihil signifiant rien) commença d'abord par une simple critique sociale en Russie au XIXe siècle qui évolua vers une doctrine politique n'admettant aucune contrainte de la société sur l'individu, en refusant tout absolu religieux, métaphysique, moral ou politique. Par extension, nom donné aux mouvements révolutionaires anti-tsaristes qui prônèrent le terrorisme politique. Bien qu'éphémère, ce mouvement politique aura soulevé des questions auxquelles s'intéresseront les penseurs de tous horizons. De ces interrogations naîtra une doctrine philosophique en relation avec l'absurde sociologique, la négation des valeurs morales et plus généralement, la négation de l'existence d'une réalité substantielle.
Le nihilisme « passif » et l'absence de sens de l'existence
Des écrivains comme Dostoïevski dans Les Possédés et Émile Zola dans Germinal montrent et éventuellement dénoncent le danger de l'extrémisme du nihilisme. Dostoïevski constate la difficulté de concilier l'idée d'un Dieu bon et tout-puissant avec l'existence du mal. Le mal, surtout, le tourmente. D'un autre côté, il constate que l'athéisme occidental ne nie plus seulement Dieu, mais aussi le sens de la création, la raison d'être du monde et de la vie. Il constate que la justice humaine est incapable de porter remède au mal moral. Elle est elle-même un mécanisme parfois inhumain. L' église d'occident, le socialisme enlèvent à l'homme sa liberté pour faire son bonheur. Le socialisme athée nie la conscience. Mais Dostoïevski en vient à constater que "si Dieu n'existe pas, tout est permis." (cette constatation devint ce que certains appelleraient plus tard le "problème du bien"). C'est à cette question provocante que plus tard des individus comme Camus tenteront de répondre. Camus, par exemple, pense que le sens de l'absurde n'est pas dans les choses. "L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde". L'absurde est maintenu comme certitude et présupposition première. Sa conséquence est le renoncement à toute attribution métaphysique d'un sens à l'existence. Toutefois, si l'individu s'oppose sans l'espoir d'un salut divin aux conditions de son existence, il peut s'identifier aux autres hommes, notamment par la souffrance. L'homme peut donc se sentir solidaire du destin des autres humains et au sein de cette fraternité maintenir tout de même une certaine exigence morale.
Nihilisme philosophique
Dans la Grèce antique, le sophiste Gorgias développa des thèses nihilistes. Ce fut l'un des premiers philosophes à le faire. Ces thèses se résument en trois points :
Rien n'existe
Si quelque chose existe, ce quelque chose ne saurait être appréhendé et encore moins connu par l'homme.
Même s'il l'était, son appréhension ne serait pas communicable à autrui
Au XIXe siècle, Friedrich Nietzsche décrit l'accélération de l'Histoire avec les déséquilibres qui s'accentuent compensés par la tyrannie anonyme des institutions génératrice de stress. Pour ce dernier, la notion de nihilisme révèle un paradoxe intéressant. Il décrit deux formes de nihilisme :
un nihilisme des faibles : « Un nihiliste est un homme qui juge que le monde tel qu'il est ne devrait pas exister, et que le monde tel qu'il devrait être n'existe pas. Donc vivre (agir, souffrir, vouloir, sentir) n'a pas de sens : ce qu'il y a de pathétique dans le nihilisme, c'est de savoir que tout est vain - et ce pathétique est encore une inconséquence chez le nihiliste" (Nietzsche). Ce nihilisme peut être rapproché de la doctrine de Schopenhauer, qui influença grandement la pensée du philosophe.
un nihilisme des forts, lorsque les croyances s'effondrent du fait qu'elles sont dépassées.
Enfin, il existe, selon Nietzsche, un état normal du nihilisme, qui est la négation de l'être, et qui est une manière divine de penser, en ce sens qu'elle est un rejet définitif de tout idéalisme (du nihilisme au sens faible) et de ses conséquences (la morale entre autres).
Franz Kafka, Albert Camus par exemple dans Le Mythe de Sisyphe (1942) au théâtre, Eugène Ionesco dans La cantatrice chauve (1950) illustrent cette aliénation de l'individu occidental et son vide existentiel corseté. Ces contraintes permettent chez des artistes comme les surréalistes un dépassement symbolique.
Cioran inventa le nihilisme pessimiste, qui ne laisse à l'homme aucune lueur d'espoir. Mais l'auteur qui poussa le nihilisme dans son plus lointain extrême fut certainement Albert Caraco, qui voyait la vie comme un non-sens absolu.
Trois exemples de Nihilisme dans la culture actuelle
Au niveau de la littérature francaise, d'abord, avec son style totalement dénué de normes académiques et son cynisme froid sur notre société et l'aveu des catastrophes qui l'attendent, Michel Houellebecq est porté comme une figure du mouvement en France. Mais le paroxysme de ce mouvement est porté par l'écriture des ouvrages de Frédéric Beigbeder, qui évoque de facon glaciale un monde consumériste et décadent, où tout n'est qu'apparence, un monde vide.2
Si l'on regarde du côté du cinéma, et en particulier ici du cinéma américain, le film Fight Club de David Fincher, inspiré du livre éponyme de Chuck Palahniuk semble bien être représentatif de ce mouvement. Dans ce film extrêmement subversif, le narrateur, personnage schizophrène dont on ne connaît pas le véritable nom, prône l'auto-destruction massive et l'abandon total de tout espoir pour ce monde. Un homme nouveau serait, selon lui, celui qui n'aurait plus rien : ni attache, ni modèle. Et, en ce sens, le film va plus loin que le livre, puisque les personnages et le narrateur feront exploser plusieurs buildings de grandes banques, censées représenter la société mercantile. Si il a été élu "film de l'année" par les lecteurs de Première, Studio et Starfix, ce film a été descendu en flèche voire haï par des revues telles que Le Monde, Libération ou encore Télérama. Quelques soient les réactions suscitées par ce film, les spectateurs n'y sont pas restés indifférents.
Pour finir, le nihilisme est évoqué dans le film Donnie Darko, où le narrateur, Donnie, commente l'oeuvre de Graham Greene Les Destructeurs, où des enfants detruisent de fond en comble la maison d'un vieillard, en disant : « Les enfants veulent montrer que la destruction est une forme de création, ils veulent savoir se qu'il se passe après, lorsqu'on met le monde en pièces »
hum j'aime , j'ajouterais peut etre Hell dans la liste (le livre bien entendu)... nihiliste moi ?? ... non ou alors si peu ...^^
Source: Wikipédia.